Effet de la kétamine sur le sommeil dans la dépression résistante au traitement : une revue systématique
https://doi.org/10.3390/ph16040568
Auteurs : Aleksander Kwaśny, Adam Włodarczyk, Damian Ogonowski, Wiesław Jerzy Cubała
Contexte : La dépression est une maladie débilitante qui pèse lourdement sur le plan socio-économique. Les antidépresseurs habituels nécessitent généralement plusieurs semaines pour améliorer les symptômes ; cependant, de nombreux patients ne parviennent pas à une rémission. De plus, les troubles du sommeil sont l'un des symptômes résiduels les plus courants. La kétamine est un nouvel antidépresseur qui agit rapidement et dont l'effet antisuicide a été prouvé. On sait peu de choses sur son impact sur les altérations du rythme veille-sommeil et du rythme circadien. L'objectif de cette revue systématique est d'étudier l'impact de la kétamine sur les troubles du sommeil dans la dépression. Méthodes : PubMed, Web of Science et APA PsycINFO ont été consultés à la recherche d'études pertinentes sur l'impact de la kétamine sur les troubles du sommeil dans la dépression. La méthodologie PRISMA2020 (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) a été appliquée. Le protocole d'examen systématique a été enregistré dans le registre PROSPERO (CRD42023387897). Résultats : cinq études ont été incluses dans cet examen. Deux études ont fait état d'une amélioration significative du sommeil mesurée par les échelles MADRS (Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale) et QIDS-SR16 (Quick Inventory of Depressive Symptomatology Self-Report (16-item)) après l'administration de kétamine par voie intraveineuse et d'eskétamine par voie intranasale. Un rapport de cas a montré une atténuation des symptômes sur les échelles PSQI (Pittsburgh Sleep Quality Index) et ISI (Insomnia Severity Index) au cours d'un traitement de trois mois par l'eskétamine. Dans deux études, le sommeil a été mesuré objectivement par EEG (électroencéphalographie) nocturne et a montré une diminution de l'éveil nocturne accompagnée d'une augmentation du sommeil à ondes lentes (SWS) et du sommeil à mouvements oculaires rapides (REM). Conclusion : la kétamine réduit la sévérité de l'insomnie du sommeil dans la dépression. Des données solides font défaut. D'autres recherches sont nécessaires.


